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Booué : L’école des éléphants

C’est un monument à la gloire de l’incompétence et du détournement de fonds.Lancée en grande pompe en 2012, l’École Supérieure des Métiers du Bois (ESMB) de Booué n’est aujourd’hui qu’un cadavre de bois et de béton, squatté par lespachydermes.

Douze ans. Il aura fallu douze ans pour transformer un projet phare del’industrialisation du Gabon en une étable géante pour la faune sauvage.

Là où des centaines de jeunes Gabonais auraient dû apprendre à transformer l’or vert du pays, on ne trouve aujourd’hui que des murs éventrés, des charpentes qui pourrissent sous l’humidité équatoriale et, comble de l’ironie, des bouses d’éléphants jonchant le sol des futures salles de classe.

Un naufrage à près de 20 milliards

Comment un projet budgétisé à près de 19 milliards de FCFA a-t-il pu devenir ce« chantier fantôme » ?

Selon les rapports, plus de la moitié de la somme, soit environ 10 milliards, a été décaissée au profit de l’entreprise Ecowood.

Résultat des courses, une maquette jaunie par le soleil et des bâtiments enruines qui n’ont jamais vu l’ombre d’un rabot ou d’un étudiant.

Pendant que l’État signait deschèques en blanc, la forêt, elle, reprenait ses droits.

Les images du site sont une insulte au contribuable.

Les cloisons arrachées révèlent une constructionde pacotille, tandis que les déjections de pachydermes témoignent de l’abandontotal des autorités durant plus d’une décennie.

Le réveil brutal de la Transition

Il aura fallu un changement de régime et la visite, en mars dernier, du Général Brice Clotaire Oligui Nguema pour que ce scandale éclate enfin au grand jour.

Face au spectacle de désolation, le constat est amer. L’ESMB est le symboleparfait de la gabegie financière de l’ère précédente.

En 2024, Brice Clotaire Oligui Nguema, alors président de la Transition promettait une ouverture pour 2025.

Nous sommes quasiment à la moitié de 2026, et toujours rien.

Il ne s’agit plus seulement de construire, mais de reconstruire sur des ruines pillées et dégradées.

Mais au-delà des travaux, le peuple attenddes comptes. Qui a empoché les milliards de Booué ?

Qui a laissé ce campusdevenir un sanctuaire pour éléphants alors que la jeunesse gabonaise mendie desformations ?

L’audit que devait mené l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima, sur instruction d’Oligui Nguema semble s’être arrêté.

À Booué, le bois a pourri. Il est temps que les responsabilités, elles, soientenfin mises à nu.

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